Il faut tourner la page, redevenir simple. Je vous propose toutefois de partager ce qui n’est déjà plus qu’un souvenir et qui me parait déjà loin….
Si l’on fait abstraction de l’impression de marchands du temple, le bar éphémère aura tout de même eu le mérite de faire se rencontrer certains habitués H2 et + en toute sympathie et rien que pour ça, merci. De plus, c’était l’occasion de se procurer la copie à un prix correct des éditions australiennes des 2 premiers LPs avec la belle pastille bleue Albert Records. Alors merci encore.
Le lendemain, une grosse bousculade au moment de l’ouverture de l’accès au site par un service d’ordre visiblement mal préparé nous impose une attente prolongée. Punition d’un autre âge. Nous étions compressés façon barrière grande époque, mais avant même d’avoir vu l’ombre d’une scène. Surréalisme à l’origine d’une sacré flippe pour certains gamins. Bref. On est à l’opposé de la sérénité que tout le monde affichait quelques jours auparavant en Belgique.
Quoi qu’il en soit, on sent un public chaud bouillant et il n’est que 14h.
Nous arrivons alors en zone merch pour une deuxième attente jusque 17h grosso modo. C’est un peu long et soudain l’accès aux fosses or ou argent est libéré dans un même désordre désolant que tout à l’heure. Un service d’ordre donc dépassé qui aurait bien aimé jouer de la matraque sans doute et une manière de faire qui fait que l’accès à la barrière sera impossible. Non merci.
Un sprint moyen qui ne sert à rien donc. On finit au pas. Pas essoufflé. Merci quand même.

Après réflexion et observation, je me demande tout de même si le public fosse or est motivé chaud bouillant façon 80’s comme je l’avais espéré à la première bousculade. Escarpin et nu-pieds sont légion autour de nous. Angoisse.

Taylor m’émeut peu ce soir même si Witches Burn est fort bien envoyé comme d’habitude. La routine. Take me down babe. Le roadie habillé en chauve souris qui lui sert sa guitare de fin me fait sourire. A peine. Je suis concentré attentif. 20h17 le loup est déjà là. Merci.
Riff.
J’en profite. Je fends la foule. Qui m’aime me suive. Je prends la vague… j’attends la vague. Mais pas de houle. Des lascars en jogging qui me freinent. Merde. Public mainstream. Rock is dead. Ambiance de mort. Die hard, piège de cristal, mes fesses. Ça ne pète que sur la scène. Les escarpins seront saufs.
Alors oui sur Back, Thunder, shook et highway ça braille fort mais les réactions sur le reste sont très calmes, voire polies. Je hais cette époque. Les smartphones sont de sorties. Facetime et insta live.

Quelle tristesse. Tant pis. Restons concentré. Je fais ma course sans penser aux autres. Je m’applique sur les chœurs.
Les titres s’enchainent. A une entrée/sortie près (Hey you !), la set list reste immuable mais toujours efficace. Hells Bells, lancinante et superbement jouée. Rarement j’ai entendu Brian sur scène la sortir aussi bien. On me parle après coup de couacs, d’imprécisions et de limites. Sur place au moment présent, au plus près , on entend juste un chanteur de rock légendaire qui fait le show, un guitar hero au sprint et aux jambes retrouvées, on ne voit que des rockers qui s’amusent. Brian est royal. Le sourire vissé. Les hanches qui oscillent en rythme. Angus et lui échangent des sourires et des clins d’oeil, les deux prennent du plaisir. Merci les super-héros. Christie Goodwin le sait qui les suit partout. La pauvre risque d’être essouflée à force d’arpenter les traverses de long en large. Merci aussi, j’ai hâte de voir le livre de la tournée !

Riff raff. Le public mainstream est largué. Ce n’est pas le cas de Stevie qui ne perd pas du regard son manche concentré comme jamais. J’observe Matt attentivement, il est cool dans son jeu mais n’oublie pas de frapper comme il le faut. Et Chris alors ? Beau gosse concentré également et groovy à souhait aussi. Et lui aussi échange des sourires avec le patron. Incroyable. Comment remercier cette section rythmique d’avoir pris le relais comme elle le fait ? Juste dire merci. Applaudir. Féliciter et remercier encore.

Ça défile. Ça va trop vite. Prenez votre temps que diable. Mais non. Il y a urgence. J’imagine Angus penser « on est les meilleurs, on est les plus forts, nous sommes le rock ». Médaille d’or les gars.

Les canons pointent déjà le museau et je réalise que c’est donc la fin. Je dois profiter. Ce sont les dernières minutes. Ce sont les dernières secondes. Je n’ai plus qu’un mot à la bouche : merci.

Que ceux qui seront à Dublin pleurent un bon coup et les remercient encore pour moi.

PS : Un dernier mot, j'allais oublier... Jul' a payé sa bière. Alors Merci mille fois !