J’avais 13 ans quand j’ai entendu pour la première fois AC/DC avc la version live de Whole Lotta Rosie. Un moment M qui a définitivement changé le cours de ma vie.
Il y a un peu plus de 10 ans, quand AC/DC faisait une tournée, je me cantonnais à aller voir le concert qui avait lieu chez moi en Belgique. Ensuite, je me suis inscrit sur le forum et j’ai constaté qu’il y avait des gens complètement fous qui se déplaçaient de ville en ville ou de pays en pays pour assister à leurs concerts. Et doucement, je me suis rendu compte que j’avais été contaminé par cette folie. Tout a commencé avec ce funeste concert de Lisbonne, avec le guest, en 2016, et s'est poursuivi jusqu'au dernier concert européen à Édimbourg en 2025.
Mais le problème, c’est que cette folie vous bouffe la raison. Et cette année, j’ai franchi un step supplémentaire. Je me suis laissé (très vite) convaincre d’aller au Canada applaudir les Boyz.
Le plan était simple. Aller aux concerts de Montréal et de Toronto, deux villes qui ne sont pas très éloignées à l’échelle de cet immense pays. Toute la préparation s’est passée à merveille. Tickets en poche, transports et logements bookés.
Mais, début septembre, une nouvelle pas très réjouissante est passée dans la presse : une tempête a ravagé une partie du Rogers Stadium à Toronto compromettant la tenue du concert.
Le jour de mon départ, ce qui était malheureusement prévisible s’est confirmé. Le concert de Toronto est définitivement annulé. Bonne ou mauvaise nouvelle, nous en reparlerons à la fin de cette review.
MontréalC’est la première fois de ma vie que je vais sur le continent américain. La veille du concert, je me réveille très tôt (à cause du jetlag) pour aller visiter la ville et découvrir cette partie du Nouveau Monde.
Dans l’après-midi, Twatwane me rejoint et nous allons au Pop-up Store hébergé par le bar Foufounes électriques à 5 minutes de notre hôtel. Nous y rencontrons pas mal de fans que nous avions déjà croisés lors de précédentes péripéties acdciennes. Nous nous laissons aller à acheter un peu de Merch et nous buvons maintes pintes de bières canadiennes. C’est là que l’un de nous reçoit un message capital. Christie Goodwin, la photographe officielle du groupe, a été repérée, on sait dans quel hôtel sont descendus les Boyz.
On se décide à aller voir.
Sur place, une grosse dizaine de fans attendent déjà. Curieusement ce ne sont que des Français et la plupart ont moins de 30 ans. Après une demi-heure, le Body-guard d’Angus vient nous trouver. Brian sort manger. Le Body-guard nous demande de ne pas le suivre et d’attendre devant l’hôtel car il reviendra peut-être ensuite nous signer des autographes.
Nous restons raisonnables et disciplinés et nous sommes récompensés ! À son retour, Brian arrive accompagné de sa femme Brenda et se prête au jeu des autographe mais un seul item par personne et pas de photo. Incrédule, je vois Brian signer ma veste à patches (1/5) en me disant qu’il adore la nourriture belge

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Que d’émotions ! Certains d’entre nous pleurent.
C’est complètement fou. Ce début de séjour canadien commence à merveille.
Le lendemain, c’est le jour du concert. Nous arrivons à 14h00 devant le site du concert au parc Jean-Drapeau dont voici la description Wikipédia :
« Le parc Jean-Drapeau est un grand parc de Montréal situé en plein centre du fleuve Saint-Laurent, au Québec. Il est composé de deux îles, l'île Sainte-Hélène et l'île Notre-Dame, sur laquelle est situé le circuit automobile Gilles-Villeneuve, où se déroule chaque année le Grand Prix du Canada de Formule 1. »
Il y a déjà une centaine de fans sur place. Nous nous installons dans la file et nous réjouissons déjà de la bonne place que nous aurons devant la scène. Malheureusement à l’ouverture des portes, nous tombons sur un agent de sécurité le plus bête ou le plus zélé de toute l’équipe. Il prend un temps dingue pour nous fouiller et nous voyons un tas de gens passer devant nous. Finalement, nous atteignons le site et même si nous n’avons pas la barrière en main, nous sommes juste derrière la première ligne, à la hauteur de la petite avancée de Brian sur la gauche de la scène.
L’attente ne nous semble pas trop longue car nous sommes entourés de fans sympathiques provenant du monde entier. Quand, vers 19h00, The Pretty Reckless font « encore » la première partie, l’ambiance est très bonne. Il y a enfin de nouveaux morceaux et Taylor Momsen nous annonce à la fin du concert que son nouveau clip vient d’être tourné pendant cette prestation et que nous apparaîtrons dès lors dedans.
Mais cette nouvelle n’est pas la raison de notre présence au Canada. Je deviens fébrile en attendant ce qui s’annonce. La nuit est déjà tombée sur Montréal et le plus grand groupe du monde va bientôt faire son apparition.
20h45, c’est parti. Le loup hurle, le bolide parcourt son chemin vers Montréal et apparaît au parc Jean-Drapeau. Stevie entame le Riff d’If You Want Blood, Angus apparaît dans un costume vert avec une casquette rouge et blanche. Ça sonne fort, carré, ce morceau est décidément un très bon choix pour ouvrir les shows. L’ambiance est bonne, la foule hurle, en revanche à part les européens, les gens ont les pieds scellés dans le béton. En ce début de concert, Brian est de bonne humeur. Il chante bien, vient souvent près de nous, nous fait des clins d’œil et des grimaces. Angus, lui, a le visage fermé. Il joue à fond mais on sent qu’il n’est pas libéré.
Les morceaux s’enchaînent, il y a parfois des intros un peu moins réussies mais aussi de bonnes surprises comme Thunderstruck. On n’est plus au niveau de 1991 mais c’est une des versions les mieux exécutées parmi celles que j’ai eu l’occasion de voir sur cette tournée. Et puis enfin un nouveau morceau inédit sur la setlist. Jailbreak ! Wouaw, quel bonheur d’entendre ce morceau emblématique joué live. Entre les morceaux on entend beaucoup de Brian Brian, d’Angus Angus mais aussi pour la première fois de Stevie Stevie ! Le public est heureux mais statique
Dans la deuxième partie du concert, Brian commence à avoir des problèmes avec ses oreillettes. Sur certains morceaux, il les enlève et râle contre son staff. Sur You shook me all night long, par exemple, il n’est pas capable de chanter et prononce les paroles en parlant. Le public de notre côté remarque cet énervement. Du côté gauche, plus personne ne fait attention à Angus en solo sur l’avancée pour regarder ce qui se passe du côté de Brian.
Au moment de Whole Lotta Rosie, c’est vraiment triste ce public statique. L’Europe c’est quand même autre chose. Mais depuis un moment, Angus est enfin libéré sur scène. Il court, il joue juste et rappelle à tout le monde que c’est lui qui tient les clés du show. Quand il exécute son solo de fin de Let There Be Rock, le public est électrisé par les nouvelles phrases musicales qui sortent des amplis.
La pause avant le rappel est très courte mais c’est aussi le moment que beaucoup appréhendent. Les canons arrivent et la plupart d’entre nous le savent, c’est le dernier morceau que nous verrons en concert. Pour ma part, c’est déjà la troisième fois que je pense cela. For those about to Rock, ce morceau est génial. Et son contexte de fin de concert est émouvant. Je vois des larmes, mais aussi beaucoup de joie autour de moi. Quand Brian quitte la scène, il dit qu’il n’oubliera jamais ce concert. Il est ému.
Ma review pourrait se terminer là. Mais il s’est passé encore beaucoup de choses au Canada par la suite.
Le lendemain, nous décidons avec Twatwane de retourner devant l’hôtel des Boyz. Toute l’équipe des fans de l’avant-veille est encore là. L’ambiance est bonne entre nous. Chacun va à son tour chercher des packs de bières pour les partager tous ensemble. Ça rigole, ça parle du concert de la veille, super ambiance. Stevie est le premier à sortir de l’hôtel et vient vers nous. Il accepte de signer ce qu’on lui présente dont ma veste à patch (2/5). Il est suivi de Matt (3/5) et Chris (4/5). Chris est le plus loquace d’entre eux. Il nous dit que c’est un honneur de jouer pour le groupe dont il portait le tee-shirt quand il était adolescent. Il nous dit aussi que pour le groupe, le concert de Montréal est celui qu’ils ont préféré sur le leg nord-américain. À mon humble avis, ça doit être vraiment barbant de jouer devant des fosses remplies de places assises. On attend encore un peu Angus mais il ne sort pas.
TorontoMême si le concert est annulé, nous allons à Toronto. On sait que le Pop-up Store sera ouvert. On a même la confirmation que le groupe va quand même venir jusque-là.
C’est une ville immense qui ne ressemble pas à Montréal. On a vraiment l’impression d’être dans une ville américaine telle qu’on se l’imagine en regardant des films.
À la fin de la première journée sur place, je reçois un message d’un ami fan canadien. La rumeur enfle que le groupe viendra le lendemain au Pop-up Store à 18h00. J’attrape la chair de poule et n’arrive pas à m’endormir.
Le lendemain, nous arrivons au pop-up store à 14h30 pour mettre toutes les chances de notre côté. On essaie de repérer tout élément qui confirme la venue du groupe. Et ça sent bon.
À 16h30, on nous demande de nous mettre en file. Je tremble. Ils arrivent une demi-heure plus tard. Angus ouvre la porte, suivi de Chris, Stevie et Matt. Brian n’est pas là. On reçoit l’instruction suivante : un seul objet à signer, pas de photo. Le temps s’allonge. Les quelques minutes avant d’atteindre Angus sont interminables. Et puis voilà, j’arrive à sa hauteur. Il signe ma veste (5/5). Je lui serre la main, le remercie. Je parle avec les autres membres du groupe pour leur dire que je les ai vus à Montréal. Ça me semble irréel de parler avec eux. Je les quitte. L’émotion monte, je pleure comme une madeleine.
C’est certainement la dernière fois que je les vois. Ça fait 36 ans que je suis fan du groupe et pour cette dernière fois je serre la main de mon idole. Je n’oublierai jamais ce moment.
Aurais-je préféré les voir une dernière fois en concert ? L’émotion ressentie à nouveau en rédigeant ces lignes me fait répondre que non.
Merci pour tout Malcolm, George, Bon, Angus, Brian, Cliff, Mark, Phil, Simon, Chris, Stevie, Chris et Matt.
Merci à ma petite femme qui m’a permis de partir sans elle pour vivre ces moments.
Je dédie cette review à tous mes potes du forum, mais surtout à Bolton, qui n’a pas pu nous accompagner au Canada