Imola : chaud chaud chaud !

Vendredi 18 juillet au soir : Landslide toujours en pleine réflexion pour aller à Imola. J’ai ma place, j’ai 2 nuits d’hôtel réservées. AC/DC joue à plus de 800 km de chez moi. Mais putain qu’est-ce qui m’a pris il y a 6 mois de prendre une place si loin. Je refais dix fois le calcul des distances, des meilleurs trajets, réfléchis à prendre un étudiant chiant en psycho sur un parking autour de Montpellier pour atténuer le coût du trajet afin d’avoir une personne à qui parler.
Je suis indécis comme le cul de Jul’ (autant y faire allusion en début de review pour écarter cette personne et son cul).
Aller hop dodo, on verra demain.
Samedi 19 juillet : j’arrête de me poser autant de questions, je grimpe dans ma R25 Courchevel et entre l’itinéraire. Putain c’est loin : départ 09h00 arrivée prévue à 19h00 sans les pauses. Et puis n’est-ce pas un we de départ en vacances hein ?! Je file jusqu’à Menton, mon siège passager se remplit de cannette de Red Bull : spéciale dédicace à Bolton qui a failli dégueuler en ouvrant ma canette lors du week end précédant nous avions fait le trajet jusqu’à Barcelone (puis BCN/Madrid).
A Nice, je klaxonne pour saluer Madi qui ne répond pas.
A Menton je pense être presque arrivé mais non, j’avais oublié cette enfilade de tunnels interminable. Je commence à confondre le jour et la nuit. J’écoute Jeanne Mas et même Roch Voisine. Il est temps de faire une pause dans ces aires d’autoroute italienne usées par les voyageurs. Le café au comptoir me fait réviser toute l’anatomie de mon tube digestif : quelque chose se profile en moi.
A ce moment, je n’ai fait que la moitié du parcours jusqu’à mon hotel situé à Zola Predosa. Putain je suis dingue d’avoir choisi d’y aller. Mais en même temps je ne regrette rien. Je sens que je tiens le bon bout (non là y a rien..).
Enfin l’arrivée, ou plutôt je dirai un Motel. Non loin d’un grand centre commercial.
Je descends de mon Ami6 dont l’interieur ressemble après 10h00 de voiture à un WC Loxam de feria de Nîmes. Je rentre dans le hall de l’hotel tel un marin de retour de la Route du Rhum et j’annonce haut et fort mon nom/ prénom à tout le monde.
Il n’y a personne. Je joue hellbells à la sonnette du comptoir.
Une hotesse m’accueille enfin avec un grand sourire et comprend que je ne suis pas là pour faire un Uno ni un Mille Bornes. Je porte fièrement mon Ballbreaker’96 où s’affichent deux belles auréoles sous les aisselles.
DoucheS et dodo.
Lendemain mouvementé : je me vide. Putain de pizza bonne mais mal digérée. Soyons clair et précis en ce dimanche 20 juillet. Landslide est mal, transpire à grosse goutte et chie en spray. Ça c’était pour vous donner une image claire et définie.
Les histoires pipi caca font toujours rire. Pas moi dans ce cas !
Je n’ai pas fait 10h de route pour rester sur Jacob Delafon. Je trouve 2 Smecta au fond de ma valise et me promets de rester concentrer jusqu’au dernier coup de canon : aucun pet foireux ne sera toléré à Imola !
11h je vais beaucoup mieux, et c’est tant mieux. Je monte dans ma Citroën BX Evasion et (sans) trace ma route direction Imodium, pardon Imola situé à 60 km de mon hôtel. Arrivée 12h00. Le site paraît déjà blindé. Je passe le pont enjambant le Santerno, sur ma droite le funeste virage de Tamburello…
J’ai 2.5 litres d’eau, un paquet de mélange de graines strawberry-amande, un Balisto fondu restant de Madrid, ma veste à patch, ma place et l’estomac bien accroché.
Il fait chaud à crever. Vraiment c’est trop. Je me promets que cette fois je résisterai et ne prendrai pas un t-shirt à 50 € au merch. Je suis fort : je résiste…
Puis 5 minutes après je fais demi-tour et montre du doigt (propre) celui que je veux. Le t-shirt pour le concert d’Imola est sans doute le plus réussi de la tournée. Il me servira de protection solaire.
La fouille au détecteur de métaux et très bien organisée, fluide. S’en suis une longue marche sur l’asphalte du Tamburello, j’ai ce mauvais sac avec mon eau et ce con de t-shirt à 50 €. Avançons.
Il est 13h00 et devant moi déjà une foule importante qui n’est pas là pour rire. On sent que AC/DC leur manque et que les présents à Imola ont faim. (Pas moi, c’est Mr Smecta qui est mon patron en ce début d’après-midi).
Beaucoup ont prévu leur petite serviette de plage parfaitement posée sur le bitume. C’est mignon.
13h07 (environ) je m’assoie en posant mes fesses (propres) sur le goudron. Ni une ni deux je fais un bond. Le sol est tellement chaud qu’il est impossible de poser son croupion.
13h08 (précisément) je me remets debout. Je suis prêt à échanger mon t-shirt avec une italienne pour un bout de sa serviette. Crève Landslide, tu devras te démerder pour t’asseoir. J’enlève ma veste à patch (fait rare pour être signaler) et enfin je peux m’asseoir. Il est ch’ai pas quelle heure et on s’en fout mais l’après midi va être longue. 07h30 à attendre au soleil.
Jamais il n’a fait aussi chaud. C’est débile d’être venu si tôt. Je bois mon eau chaude maintenant.
Un dj en association avec Virgin Radio met des intros de morceaux connus. Juste de quoi faire lever les gens et avancer de quelques mètres. Ambiance bon enfant.
19h00, The Pretty Reckless montent sur scène. 6ème fois que je vois sa nuisette différente sur la tournée. Le guitariste cadavérique n’a pas dû voir le soleil d’Emilie Romagne. Je n’ai toujours pas compris pourquoi le bassiste change de basse à la fin du premier morceau. Bolton et Bur absents n’ont plus. Tags, King, Twatwane, Godown, Mal me manquent.
Taylor remercie la foule par un « gratte scie milé ». Les italiens ne comprennent pas et moi non plus. Fin du deuxième titre elle nous gratifie d’un « gratte scie milé ». Là tout le monde se met à rire et à répéter ce qu’elle vient de dire. On ne lui en voudra pas de ne pas avoir été capable d’apprendre à dire merci convenablement. Mais comme le soleil, on s’en cogne, on n’est pas là pour les politesses.
Tout va mieux pour moi, je suis prêt à manger une raclette. Tant pis, y en a pas en vente au merch.
20h30 pétante, l’intro des boys me donne les frissons, les nuées de portables se dressent, je me faufile pour gagner quelques places.
Boom c’est parti, PUTAIN DE MERDE mais quel son de malade les gars ont ce soir. Je me sens totalement pris dans le concert, je bouge comme Wallace en mode puissance dix, hurle les paroles comme un goret, me décroche la mâchoire sur chaque morceau. Je suis transporté par une joie extrême que je ne peux contenir ni dissimuler. Je ne regrette pas une seconde tout ce trajet que je me suis tapé. L’ambiance n’est pas à l’essoreuse version Bercy 2000 mais très sympa, tout le monde rigole, les gars de la sécu font passer des bouteilles d’eau à ceux qui tendent le bras.
Brian dit quelques mots en Italiens et toute la foule exulte. Grosse complicité entre Brian et Matt avec des échanges de sourires complices.
Angus est comme à son habitude sur sa planète, Stevie dégouline et écarquille les yeux sur les micro-improvisations (faut pas déconner quand même) que Angus rajoute sur la fin de Let There Be Rock ou la fin de Shoot to thrill. Chris en mode beau gosse reste toujours concentré sur chaque morceau et fait ronfler sa Precision sur Sin City comme jamais. Même ligne de basse qu’au Pavillon’79.
Pas de surprise sur cette date mais les boys sont mieux qu’en 2024 c’est certains.
Pour moi c’est que du bonus cette tournée, jusqu’au bout j’en profiterai. Un italien me dira à la fin des canons : « sembri posseduto »
Retour sans encombre pour évacuer 70 000 personnes. La température est redescendue à 30°c, je me gèle.
Je démarre ma Ferrari et roule pendant 01h00 jusqu’à l’hôtel.
Dodo. Lever un peu difficile. Putain 800km qui m’attendent.
Je démarre mon Ax Thalassa et rentre au bercail.
La vie est courte, profitons-en !
Rendez vous à Paris le 09/08
Landslide.


















Sept 91 : on me file highvoltage en K7 dans la cour de récréation au collège.... et ma vie changea !