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Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

02 Juin 2024, 10:40


https://www.youtube.com/watch?v=LGJ6ohYiV9c

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

02 Juin 2024, 10:42

Eh bien, réaction à chaud: concert exceptionnel. Ambiance de folie dans un stade chaud bouillant Angus monumental, et un Brian qui se donne à 200%!

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

02 Juin 2024, 20:41

Départ aux aurores depuis Bordeaux ce jeudi 30 mai matin (merci Ryan Air, 5h45 du matin pas le choix), j’ai réussi à convaincre ma moitié de m’accompagner voir ac/dc, le voyage de quelques jours à Séville y étant pour beaucoup.

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Arrivée à Séville 8h30, on sent que la journée va déjà être très chaude (38° annoncés), ça change de la Gironde et du mois de mars magnifique qu’on a en cette fin mai. Un Uber pour rejoindre l’hôtel, pas loin de la place Alfalfa et nous déposons nos bagages pour aller découvrir un peu la ville. Et là que du bonheur, je commence à croiser un type avec 1 t-shirt AC/DC, puis deux, puis très rapidement j’arrête de les compter. Même ma chérie qui ne fait pas trop gaffe à ça habituellement le remarque. Je ne connais pas Séville mais tout ceci fait que je m’y sens déjà hyper bien et en terrain connu, enfin un terrain que je n’ai pas connu depuis 2015 aux abords du SDF, et que ça fait du bien !

Direction la place du Métropole Parasol et ses écrans publicitaires, qui pour une fois me font apprécier la pub

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Bref il me tarde déjà samedi, mais en attendant, nous profitons de la ville, de ses monuments (là aussi je me fais vieux et me mets à apprécier l’art, chose qui me répugnait qd j’avais 20 ans) : visite du musée de Murillo, visite de l’alcazar, de la Macarena….

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Très surpris à ce moment là de voir tout un paquet de porteurs de t-shirt AC/DC rentrer dans la Macarena, même si je n’en ai pas vu avec l’inscription Highway To Hell :)

Après toutes ces visites, direction le musée culturel le plus important de Seville, à savoir le Dive Bar. Situé sur les quais, au pied de la tour de l’Or.

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J’ai déjà fait une review un peu plus haut avec une vidéo, mais je découvre avec plaisir que Magellan était déjà fan des boys et qu’il avait pour Pavillon principal le logo de notre groupe favori.

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Bref il fait très chaud à Séville, les visites ça donne soif, pas de bières pour nous au programme, de la bonne Sangria (je ne pourrais plus jamais boire celle de France qui est immonde), du bon Iberico, et pas mal de Tinto de Verano jusqu’à samedi.

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Arrive le jour J, pour clore en beauté ce sympathique séjour à Séville. Il fait toujours une chaleur à crever (bon peut être quelques degrés de moins qu’à notre arrivée). Il est 18h, je regarde les prix des Uber pour rejoindre le stade, dans les 15 euros en début d’après-midi, les prix s’affolent en temps réel pour atteindre les 50, 60, 80 euros !!! Nous décidons de tenter le bus C2, on marche 15 mn pour le rejoindre, et là, et bien on se dit que si on attend au vu du monde qui a eu la même superbe idée que nous, on sera au stade surement pour For Those About To Rock. Ça sera donc à pied, et nous voilà partis pour une longue, longue, très longue marche sous le soleil jusqu’au stade….

Nous arrivons enfin au pont qui permet de franchir le fleuve.

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Et là les bouchons, beaucoup de monde, on se dit qu’on est proches, mais non. En fait on a encore presque 20 à 30 mn à pied.

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Il doit être presque 20h. On est crevés, assoiffés, on a faim. Alors on décide de faire une petite pause et de s’assoir manger nos sandwichs à l’Iberico et de boire un coup au milieu des locaux. A quoi on voit qu’on est les seuls français ? Bah il est 20h, on est les seuls à manger, mais bon on s’en fout, on tient bientôt le graal. Remis d’aplomb, on suit le flux continu de fans et on débarque sur une autre planète sous le pont de l’autoroute, Highway To Hell je crois qu’on y est cette fois.

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J’aperçois même un type qui semble perdu et se croit en 2016, bah mon gars tu peux retourner sur tes pas avec ton t-shirt, y a pas de Guest ce soir ni pour le reste de la tournée, je suis pas croyant mais j’ai mis une bougie à la Macarena.

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Après être sorti de cet enfer, nous apercevons enfin le stade de la Cartuja Arena

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21h. On est enfin à nos places, un peu loin de la scène, mais ma moitié est contente du placement. Il reste des places dans les parties hautes des gradins et au fond. Je file au ravitaillement en Tinto de Verano avant le début du concert. 21h30, le concert commence, les espagnols sont heureux, je suis heureux, putain 9 ans d’attente, la CB qui a chauffé un max pour l’achat des places est déjà oubliée depuis belle lurette.

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Les titres s’enchaînent trop vite pour moi malgré les pauses entre les morceaux pour que nos compères soufflent un peu. Mais je souris, j’entends le riff de Stiff Upper Lip, qui me replonge 23 ans en arrière. La première fois que je les ai vus en réel, du temps où il n’y avait pas de fosse or, avec une chaleur identique à celle d’aujourd’hui, et où à un moment j’ai du bouger de plusieurs dizaines de mètres sans toucher les pieds par terre. Dire qu’à l’époque je me demandais si Angus n’allait pas être trop vieux pour bouger… Que dire presque un quart de siècle plus tard. Quelle énergie, on voit qu’il en veut toujours le petit Diablotin de Sin City, lui et Brian ont mangé du lion.

Bon c’est pas tout ça, j’ai vu les anecdotes de Landslide, au moment de Hells Bells, que naturellement ma chérie me dit de rester pour écouter (le 6e sens féminin cf après), non en bon normand têtu et vu que Back In Black, Hells Bells et Highway to Hell sont les chansons les plus connues et que j’aime le moins, je file de nouveau au ravitaillement au Bar pour un Tinto de Verano. Et là, je laisse passer par politesse une espagnole qui faisait la queue, elle me regarde et me baragouine un truc avec la main et je comprends qu’elle veut m’offrir un verre. Je décline poliment et là elle me dit un truc à l’oreille en espagnol (avec l’odeur de Tinto de Verano ou de Bière qui me fait comprendre qu’elle n’en est pas à son premier verre), je réponds « no habla espagnol soy Francese » et là la fille me sort « are you married ». Et là comme par magie, Hells Bells est redevenu ma chanson favorite et je me suis dépêché de retourner dans les gradins pour ne pas en louper une miette.

Coté musique, j’ai cru entendre quelques cafouillages d’Angus sur Thunderstruck (j’ai compris qu’ils ne la vireront probablement jamais, c’est un des titres voire le titre sur lequel je pense que ça a le plus bougé dans le stade) et You Shook me all night long (à confirmer sur le tube). J’ai trouvé Brian très bon tout au long du concert. J’ai juste vu sur les caméras sur Riff Raff, au moment du solo, qu’il commençait à accuser un peu le coup, T-shirt complètement détrempé, qui sera changé à un moment, mais putain total respect vu la chaleur, son âge, et ce qu’ils ont envoyé ce 1er juin 2024. Version énorme j’ai trouvé sur Whole Lotta Rosie, avec Angus qui rentrait dans sa guitare comme jamais sur la fin du morceau, presque 70 balais mais toujours la même âme. Ma chérie qui n’a pas forcément la fibre Angussienne comme moi a été tout de même bien impressionnée par ce petit bonhomme.


https://www.youtube.com/watch?v=90GnoXZe_Ho

Concernant le son de sa guitare, effectivement il y a peut être un peu plus de gain / disto qu’avant, mais sur le donington il y avait aussi une sonorité particulière. Je ne sais pas si ça vient des réglages (notamment du Schaffer Replica), ou des micros de sa SG Custom (qu’il a utilisé sur la majorité du concert sauf au début et à la fin).

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Final en beauté pour For Those, et retour à l’hôtel avec des images plein les yeux, mais là 1h de marche qui est passée crème, j’ai eu du mal à m’endormir ensuite. J’avais dit que c’était surement la dernière fois que je les voyais mais comme on dit ne jamais dire jamais…. Une petite sensation bizarre néanmoins de ne plus avoir tous les autres membres présents aux côté d’Angus et Brian, mais section rythmique impeccablement en place, rien à redire.

Départ ce dimanche matin, retour vers Bordeaux avec 15 à 20 degrés de moins, ça pique…. Et le Cartuja Arena en fond de paysage. Fire !

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PS : un coucou à Florimont avec qui je n’ai pas pu boire le pot prévu en raison de la galère pour arriver suffisamment à temps au stade…
Edit : correction de quelques fautes, j'avais surement encore du Tinto de Verano dans la tête...
Dernière édition par jedi27930 le 03 Juin 2024, 19:38, édité 2 fois au total.

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

02 Juin 2024, 21:46

Excellent ! Merci pour ce retour jedi !

Jul’.

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

03 Juin 2024, 08:45

Super compte rendu. Merci.

Une question persiste : qui de Jedi ou de Bluebell a parcouru le plus de km pour se rendre au concert?

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

03 Juin 2024, 09:29

Merci pour ta review, elle est top !
Si tu as trouvé comme moi le son super il faut rester sur cette impression et ne pas trop chercher à comprendre ce qui se passe derrière... le mythe Marshall en prendrait un coup.
L'important est de passer un bon moment :/:
Vivement la review de Blabla qui était présent aux deux concerts.

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

03 Juin 2024, 11:26

jedi27930 a écrit:Concernant le son de sa guitare, effectivement il y a peut être un peu plus de gain / disto qu’avant, mais sur le donington il y avait aussi une sonorité particulière. Je ne sais pas si ça vient des réglages (notamment du Schaffer Replica), ou des micros de sa SG Custom (qu’il a utilisé sur la majorité du concert sauf au début et à la fin).


C'est un sujet intéressant, j'ai remarqué que le son était aussi beaucoup moins fort que sur les ROB et BI Tour. On est moins dans le "mur de son", mais dans quelque chose de plus équilibré . Ceux qui on déjà eu l'occasion de jouer sur un de ces vieux Marshall 100W le sauront, le volume est démentiel voir intenable si on va à la distorsion. Avec les problèmes d'audition de Brian, le volume sur scène est peut être moins élevé qu'à l'accoutumé. Des amplis à modélisation j'y crois pas (les baffles guitares sont reprise par micro) mais on est peut être sur des amplis plus moderne avec plus de gain, beaucoup plus facile à "dompter" à volume "raisonnable".

Merci pour ta review Jedi :wink:

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

03 Juin 2024, 14:57

ol a écrit:qui de Jedi ou de Bluebell a parcouru le plus de km ?

Je pense que Jedi avait plus de force que moi. Il emporte la palme haut la main.
Merci pour le CR. Vivement la prochaine.

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

03 Juin 2024, 16:28

Merci à tous. Profitez en bien pour ceux qui vont les voir ensuite, 2h10 en 9 ans ça passe très / trop vite….

@Bluebell je t’avoue que le côté obscur et le malaise n’était pas loin de m’atteindre juste avant la pause repas et boisson, après la marche sous un soleil de plomb, chapeau à toi pour le chemin en Italie. Et chapeau aux aficionados de la barrière ou de la rampe moi j’en suis plus capable je crois :).

J’ai écouté sur le tube et il y a bien eu un beau plantage sur l’intro de You Shook Me, (un C ou un G qui a sauté) on voit Angus se regrouper avec tout le monde pour recaler le morceau avant le chant. Mais bon pas grave, un concert sans pains ce n’est pas un vrai concert.

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

03 Juin 2024, 18:26

jedi27930 a écrit:
J’ai écouté sur le tube et il y a bien eu un beau plantage sur l’intro de You Shook Me, (un C ou un G qui a sauté) on voit Angus se regrouper avec tout le monde pour recaler le morceau avant le chant. Mais bon pas grave, un concert sans pains ce n’est pas un vrai concert.


Décidément c'est devenu sa bête noire ce morceau, deux plantages en cinq dates, pas terrible comme stat :mrgreen:
Mais bon, en effet, un concert sans pains, c'est pas un concert, on lui pardonne ;)

@++
Fixi

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

04 Juin 2024, 10:59

Après à leur décharge deux concerts coup sur coup sous une forte chaleur, et je pense qu’en Italie ça devait être aussi coton, donc pas évident de rester concentré ainsi sur deux heures de show.
Curieux de voir pour la suite et les pays bas :).

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

04 Juin 2024, 11:17

Merci Jedi pour le compte-rendu illustré :D :clap:

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

04 Juin 2024, 16:47

Avec plaisir Dan. Je me souviens de ma déception lorsque je n'ai pas pu avoir le sésame pour Dublin, aucun regret que ça ait été finalement Séville pour les voir.

Et avec tous ces souvenirs plein la tête voici que je me prends à lorgner sur une deuxième date, comme Bratislava et les places restantes dans le carré VIP pour 160 balles.... Le seul soucis étant comment y aller depuis Bordeaux pour pas trop cher et sans avoir à faire les 1800 bornes en voiture.

Au final on est tout de même chanceux d'avoir une tournée européenne, avec Brian que beaucoup avaient enterré mais qui fait le taff avec brio pour son âge, et un retour sur scène inespéré suite à 2016. Profitons de tout ça ce n'est que du bonus !

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

04 Juin 2024, 17:08

A mon tour de faire part de ma review-d'abord-trop-longue-puis-condensée-mais-finalement-pas-si-courte-que-ça :

Comme un certain nombre, je n'étais pas mû par un enthousiasme fou en prenant ma place. Ces dernières années, la perte de membres historiques, deux derniers albums "bien mais pas top", la mercantilisation à outrance de la marque AC/DC, m'ont un peu détourné du groupe. J'ai adoré ce groupe, comme beaucoup c'est la bande son de ma vie, mais que peut-il m'apporter en 2024 ? Plus par réflexe pavlovien que par envie, j'ai pris des places pour 2 dates, sans vraiment en digérer le prix (non, 150 à 180 € une place en pelouse or, ça n'a rien de normal en 2024, et prétexter qu'aux USA c'est pire n'est pas un argument).

Mais bon, la date de Séville était idéale : si le concert n'était pas bon, j'aurais au moins pu passer un week-end prolongé dans une ville superbe, et enchaîner les tinto de verano et les paëlla (et c'est bien ce qui s'est passé, avec en prime un bon concert). Étonnamment, j'ai eu beaucoup moins de mal à convaincre Godownette de me suivre à Séville qu'à Geiselwind... Elle n'a cependant pas osé me suivre en fosse, j'ai donc réussi à convaincre un couple d'amis de nous accompagner et d'être avec elle en gradins. Malinx !

Sur place, je retrouve tour à tour Twatwane (Séville étant sur sa route entre la Normandie et Saint-Pétersbourg), Blackice et Boltonskin. Merci à vous pour ces moments moites partagés, au concert et en dehors !

Après moult débats sur l'heure idéale pour être bien placés, Twatwane, Bolton et moi sommes sur place vers 16 h, 2 heures avant l'ouverture des portes. Il y a déjà du monde, mais pas directement à l'entrée du stade. Le gros du contingent préfère, chaleur écrasante oblige, se mettre à l'ombre sous un pont autoroutier quelques centaines de mètres avant le stade. De notre côté, on va vers un premier filtre, où nous ne sommes précédés que de quelques dizaines d'ultras. Putain, il fait chaud. Très chaud. Mais avec la complicité involontaire de la sécurité pour le moins à l'arrache, on passe très rapidement ce filtre, pour aller au merch (où on se fait volontairement dépouiller) et surtout nous retrouver non seulement à l'ombre, mais aussi à proximité immédiate de notre porte d'entrée, devant tout le monde !!

C'est donc relativement épargnés par le soleil de plomb que nous sommes parmi les tous premiers à pénétrer l'enceinte et nous ménageons une place de choix au plus près de la barrière. Blackice a été encore plus efficace, puisqu'il nous rejoint tout en étant arrivé juste avant l'ouverture. L'expérience, baby ! Quant à Godownette et mes amis, ils arriveront tranquilou à 21h à leur place numérotée.

Je passe rapidement sur les Pretty Reckless qui assurent la première partie. Musicalement, c'est tout à fait honnête à défaut d'être original. Mais les minauderies incessantes de la chanteuse, certes très jolie, auront raison de moi et je n'écoute que d'une oreille distraite.

Arrive le grand moment à 21 h 30. L'intro donne le ton du concert : cette année, fini le grandiloquent, façon boule de déménagement ou train fou, AC/DC se concentre sur la musique. Est-ce un choix délibéré pour se débarrasser de l'accessoire, ou pragmatique au regard des courts délais de préparation de la tournée ? Je ne sais pas, mais en tout cas, ça me va bien. La Rosie gonflable, la plate-forme à 20m de haut, c'est marrant, mais AC/DC, c'est le son avant tout.

Et mon moment à moi, je l'ai avec les premières notes du premier morceau, If you want blood, puis tout au long de la chanson. Ils sont là putain ! Certes pas tous, les absents me manquent cruellement (Cliff, si tu nous lis), mais après toutes les galères récentes, Angus est là ! Et putain, Brian est là ! Il déboule sur scène, ouvre grands les bras, si grands que seul son sourire est plus massif. Ca démarre pied au plancher avec un titre festif. Alors en une seconde, on oublie tout. Que tout n'a pas été parfait ces dernières années, par malchance ou par choix discutables (ou à tout le moins discutés), qu'on assiste tout doucement au crépuscule des Dieux faute de s'être adaptés à leur époque. On l'oublie. AC/DC est là et ça va être un déluge d'émotions pendant 2 heures.

Brian est là. C'est la raison principale pour laquelle j'ai rempilé sur cette tournée, et il est là, et heureux d'être là. Il va avoir 77 ans, a les oreilles en compote, a perdu une partie de ses capacités vocales, et a d'autres passions ; personne n'aurait osé lui reprocher quoi que ce soit s'il avait décidé de valider ses points retraite. Je me demande ce qui le pousse à être sur cette scène et à hurler tout ce qu'il peut ? La passion pour son groupe, l'envie de faire plaisir à ses fans, probablement aussi des motivations plus bassement matérielles ; il y a sûrement un peu de tout ça. Mais en voyant la hargne du bonhomme pendant qu'il chante autant qu'il crie, j'imagine que ce qui l'anime avant tout, c'est la revanche qu'il prend sur la vie, et sa détermination à se prouver quelque chose. Son chant, il va le chercher au fond de ses tripes et c'est poignant. Ce soir, je jurerais que Brian est prêt à mourir sur scène s'il le faut, en donnant tout ce qu'il a. C'est paradoxal pour quelqu'un qui a dû interrompre une tournée pour raisons de santé, mais c'est comme ça que je le ressens.

Brian est heureux d'être là, heureux du soutien qu'on lui apporte. Il le montre en multipliant les poings sur le coeur à notre attention. Et pourtant, il en chie, le pauvre. De mémoire, dès la 2ème chanson, je le vois finir celle-ci en faisant signe aux techniciens que sa gorge le martyrise. Il fera ça toute la soirée : la main sur le coeur, puis sur la gorge. Alors évidemment, parfois ça coince. Son final sur Have a drink on Me est poussif pour ne pas dire plus. Le jeu de questions/réponses au public sur High Voltage devient vite un réponses/réponses, etc. Mais t'inquiète pas Brian, on est là. Je suis là. Pendant presque tout le concert, je le couve du regard, appréhendant de le voir s'écrouler. Il tient, coûte que coûte. Et quand son chant vacille, je me surprends à chanter encore plus fort, comme si, de la fosse, perdu au milieu de 60.000 autres communiants, je pouvais l'aider, lui apporter une petite béquille, un second souffle. Tu es revenu Brian, tu ne nous a pas lâchés ; on ne te lâchera pas.

Angus est évidemment le chef d'orchestre de cette grand-messe. J'ai l'oeil et l'oreille du vieux briscard habitué des concerts d'AC/DC, alors je remarque que pour lui aussi, c'est moins fluide. Ca manque de liant sur Thunderstruck, le début de You Shook Me est foiré dans les grandes largeurs (merci Stevie pour le rattrapage), il cavale moins que lors des précédentes tournées, et il me semble un poil bouffi. Je ne peux pas ne pas remarquer ça. Et puis je me souviens qu'il a 69 ans, que j'en ai 25 de moins et que je serais fier de pouvoir faire le dixième de ce qu'il exécute. Porter un groupe à bout de bras, contre vents et marées. Ne jamais fléchir, garder sa lèvre supérieure rigide, quelles que soient les circonstances, les départs des êtres chers, les galères. Angus ne change pas de cap, il ne saurait d'ailleurs pas faire autre chose. Et c'est très bien comme ça. Les reproches, je dois me les faire à moi-même, de ne plus avoir 12 ans et de m'être habitué à l'extraordinaire. Et dans ces moments, je regarde la pitchoune à côté de moi dans la fosse, qui justement a 12 ans, elle, et qui dévore Angus des yeux. "Comme si c'était la chose la plus extraordinaire qu'elle ait jamais vu", allais-je dire, mais le "comme si" est de trop. Et si j'ai encore des doutes en fin de concert, en repensant à ce solo poussif sur Let There Be Rock, c'est Godownette qui me corrige au débriefing : "Nan mais tu as vu ce solo ?? IN-CROY-ABLE !!!". Tu es là Angus, comme tu as toujours été là depuis plus de 30 ans que je te connais, et tout est en ordre.

Stevie, Matt et Chris sont là. Bravo à eux. Matt et Chris, les connaissant peu, je ne vais pas décortiquer, mais ils font bougrement honneur à leurs prédécesseurs. Ecoutez la rythmique sur Let There Be Rock et Rosie, putain, que c'est bon !! Bravo surtout à toi, Stevie, d'être capable de chausser les énormes bottes d'un tout petit lutin qui a forgé le groupe le plus extraordinaire du monde. D'ailleurs toi aussi Malcolm, tu es là ce soir. Tu seras toujours là. Pour reprendre Brassens à propos de Boby Lapointe : "Mon vieux Mal, fais croire à qui tu veux que tu es mort ; avec nous les copains ça ne prend pas".

Tout passe vite, bien trop vite. Je cligne des yeux que déjà s'avancent les canons pour marquer la dernière chanson. Après avoir tout donné sur For Those, je fais un dernier salut à Brian. Il ne le voit pas, mais je sais qu'il le sent. Les lumières se rallument, j'ai une banane comme ça. Pourtant je sais que le concert n'a pas été techniquement parfait, et un doute m'assaille : n'ai-je pas été aveuglé par mon enthousiasme ? Fébrile, je me tourne vers mes compagnons. Bolton et Blackice sont aux anges, ouf. Par contre pour Twatwane, "c'est coup-ci, coup-ça", merde. Fin du malentendu quand il nous explique que son bide est prêt à le lâcher (une sombre histoire de pizza dévorée par 40°), mais que le concert était super ! Tout va bien, donc ! Même son de cloche (des enfers) quand on retrouve Godownette et mes amis, qui sont dithyrambiques sur leur tout premier concert d'AC/DC.

Il est près de minuit, la soirée va encore s'étirer longuement, jusqu'à ce que nous ayons notre compte de spécialités locales, mais ce n'est pas le sujet du moment. Pour l'instant on savoure. On est en 2024, à Séville, et AC/DC est là. Angus est là. Brian est là. Le reste n'est que verbiage. AC/DC a remis les pendules à l'heure, comme toujours. Brian est là.

Re: Seville, La Cartuja Arena, 2024/06/01

04 Juin 2024, 18:18

C'est vrai que c'est court.

Merci à tous de nous faire voyager à travers l'Europe.

Une pensée pour les pieds nickelés qui se préparent pour Amsterdam.

Après la paella et le vino tinto, place aux croquettes et la bière fade.

Enjoy et whisky on the rocks for all
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