Voilà plusieurs mois que j’ai dégotté, pour la première fois sans difficultés, une Pelor à Berlin et pour Edimbourg. Mais en février, en revenant d’un we à la montagne, voici que mon embrayage me lâche à quelques dizaines de km de Bordeaux : bilan embrayage à refaire, volant moteur à changer : 2300 balles de réparation. On reste dans le thème puisque le prix des réparations voiture, il a apparemment suivi la même courbe de progression que les billets d’AC/DC…. Bref cela remet en cause mon séjour à Berlin, me voici prêt à revendre ma place, je cogite un max, et finalement, je me décide une fois de plus à casser la tirelire pour l’escapade Berlinoise.
Voici que l’été arrive, et le départ (28 juin) se profile. La veille, je regarde les plans de S-Bahn (l’équivalent du RER, sauf qu’en Allemagne il fonctionne bien, n’est pas bondé, pas annulé ou retardé, et qu’une voix nous dit régulièrement « zurück bleiben bitte » à la fermeture des portes). Bref après avoir repéré le trajet Aéroport / Hôtel, près de Tiergarten, je checke plusieurs fois que mon billet est bien là, que j’ai mes bouchons d’oreille, que je n’ai rien oublié…


Samstag (28 Juni)
Et c’est reparti pour un départ depuis l’aéroport le plus pourri de France voire de la terre, à savoir l’aéroport de Bordeaux Mérignac…. Des locaux pourris, pas de clim dans le hall de départ, un personnel sécu qui vous parle comme de la m… en vous faisant poireauter 30 mn avant de passer, mais vous demande de débarrasser le plancher au plus vite une fois passé le contrôle, peu importe que vous ayez tout un tas d’affaires à reprendre, la montre à remettre, la ceinture à renfiler avec le pantalon qui tombe… Bref je décolle une fois de plus aux aurores (6h30, vol KLM avec escale à Amsterdam, tout ceci reste pas trop loin d’Angus…).

Je survole la mer du Nord, ça me rappelle mes premiers voyages scolaires à l’étranger et mon correspondant allemand du Lycée qui habitait à 20 bornes de la Hollande et de la Nordsee.

Après les champs d’éoliennes offshore j’atterris à Amsterdam pour 1h30 de correspondance dans un aéroport immense. Décollage pour Berlin : les polder puis j’arrive enfin à destination.

Depuis l’aéroport de Berlin, je prends le Sbahn pour rejoindre mon hôtel à proximité du Tiergarten, et aussi de la ligne directe qui rejoint le Olympiastadion de Berlin.

Après m’être installé je file découvrir un peu le quartier et faire 2/3 courses, ayant pris un appart hôtel qui me permet de manger pour pas trop cher.
Sonntag (29 Juni)
Première nuit à l’hôtel, je n’avais pas fermé les rideaux et voilà que la lumière du jour me réveille, alors que je me sens encore claqué. Je regarde ma montre : 4h du matin ??? What’s ? Was ? Das ist unglaublich (intro du Live SUL à Munich…) !!!! Et oui lever du soleil à 4h20 donc à 4h il fait déjà bien jour… Je ferme les rideaux et me rendors. Puis lever, petit déjeuner à l’allemande à l’hôtel, et je planifie ma journée : un peu de tourisme, et un objectif inavoué : rencontrer Angus et obtenir « Das Autogram ». Je me renseigne à l’accueil de l’hôtel pour aller voir le mur (ou ce qu’il en reste), ça sera la station Warschauer, puis Bundestag, Porte de Brandenburg, et d’autres choses si je peux.
J’arrive sur site et découvre un mur qui parait déjà, sans les barbelés, infranchissable (dans les 3 à 4 m de haut à mon avis).

Côté Est, quartier en plein changement, des nouveaux bâtiments, une Arena pour les concerts, et le mur décoré par les artistes sur toute la longueur. Côté Ouest, aucune peinture, et à coté le fleuve que devaient franchir les courageux qui tentaient l’évasion et avaient réussi à franchir le mur, avec le risque de noyade, mourir de froid, ou se faire dégommer par les soldats avant d’avoir traversé. Bref je n’y pensais pas mais c’était assez émouvant de voir tout cela.

Je file ensuite porte de Brandenburg car j’avais repéré un 5 étoiles juste sur la place, mais nada, aucun fan, et je ne sens pas le truc….

En plus il y a plein de flics car il y a une manif sur la place. Je demande à un flic si il sait si les AC/DC sont dans le coin, et au lieu de recevoir un flashball comme en France, le type prend le temps de me dire qu’il ne sait pas, mais qu’il y a d’autres hôtels 5* non loin, et il me les montre sur son tél : 2 ou 3 dans le secteur du Hilton (à une dizaine de minutes à pied), et l’hôtel de Rome (15mn à pied). Alors c’est parti, je vais dans le secteur du Hilton, et après avoir croisé TheJack16 et d’autres francophones et discuté un peu (ils ont vu uniquement des roadies aux autres hôtels du secteur), je décide de faire le pied de grue devant l’hôtel, en compagnie d’un allemand qui attendait aussi avec 2LP à faire signer. On voit des types avec des Tshirts Ac/dc et des badges autour du coup rentrer dans le Hilton. Alors on se dit que c’est peut être bon, on a tapé la discute un bon moment, avant que le groom, me voyant avec mon t-shirt Acdc road to Dublin, vienne me dire « ils ne sont pas là, sachez que si ils étaient là je ne vous dirais pas ça mais plutôt « je ne sais pas » ou « peut être qu’ils sont là » ».
Voilà, des heures d’attentes pour rien, il fait super chaud, j’ai une ampoule de 3 cm de diamètre sous le pied (j’aurais marché cette journée au total 14 km), donc je me décide à retourner vers Brandenburg pour me poser un peu, boire de l’eau et un café. Je m’assois à la terrasse du premier 5* que j’avais vu, et 20 mn plus tard, un couple d’allemands me voit avec mon t-shirt et me disent « Wir haben ein Freund, der in Hôtel de Rome Arbeitet. Sie sind in Hôtel de Rome !!! ». Sicher ? frage ici… « na klar »… Je suis mort, les pieds en feu, demain il y a le concert il me faut de l’énergie pour jouer la barrière…. Je regarde la distance pour y aller à pied, et je trouve le peu d’énergie qu’il me reste pour y aller…. Longue marche (enfin douloureuse) le long de l’avenue qui part depuis la porte de Brandenburg, l’hôtel est tout au bout sur la droite après la statue de l’empereur…

J’y suis presque, petite pause touristique pour y arriver, je tourne à droite… Bingo !!!! Une vingtaine de fans avec des tshirts sont sur place !!!! Je retrouve également sur place les francophones (français et suisse) croisés quelques heures auparavant.

Il est 17h30, on tape la discute, et 15/20mn plus tard, le type de la sécu d’Angus (un américain très sympa qui parle vraiment très cool aux gens) nous hurle dessus « faites une ligne ! Pas de photos ! Une seule signature ! ». Tout le monde s’exécute, on se retrouve en file indienne, et là une grosse Berline allemande arrive, descendent Angus et sa femme (et probablement le géant, je n’ai pas vu s’il était dans la voiture à la base, par contre après je l’ai bien vu).

Même pas le temps de flipper même si je sens l’adrénaline monter… Je sors de mon sac à dos mon cd de back in black et un marqueur noir, en priant pour qu’il fonctionne correctement. Ça avance, assez rapidement, je ne vois rien devant et d’un coup la personne devant moi se décale et je me retrouve face à Angus. Un tout petit vieux monsieur qui semble hyper fragile, que je salue d’un signe de la tête, en lui tendant fébrilement mon marqueur… Et je le regarde signer mon CD, qu’il prendra soin de signer sur une partie lisible, puis il me rend le CD et le stylo avec le pouce levé comme à son habitude, et je lui dis « Thank you very much » en lui tendant la main, qu’il me serre en s’inclinant légèrement (j’avais repéré sur les séances de dédicaces que peu lui serrent la main, mais qu’il la serre toujours qd on lui tend). On aurait cru serrer la main d’un gosse de 10 ans. Comment un type comme ça peut dégager autant d’énergie sur scène ? Vraiment une sensation bizarre, et en même temps une joie énorme d’avoir serré la main du plus grand guitariste à mes yeux… Je retraverse la route pour rejoindre les autres, à observer Angus finir de signer les autographes (il signera pour tout le monde présent à ce moment).

Fin de la journée, retour à l’hôtel (encore de la marche) avec l’ampoule et ma chaussette qui semblaient avoir fait une fusion nucléaire, HS, mais …. Heureux, en attendant le concert du lendemain.

Montag (30 Juni)
Bon c’est pas tout ça mais c’est le jour J : je vais prendre un bon déjeuner à l’allemande, puis je bois 2l de flotte jusqu’à 10h, ensuite plus rien, pas envie d’aller en pause technique et perdre ma place si j’en ai une bonne en PELOR.

Je file prendre le S-bahn et arrive au stade Olympiastadion vers les 14h (ouverture des portes 16h), il y a encore peu de monde, je me place à proximité des grilles pour attendre à l’ombre, en discutant avec d’autres fans allemands.


16h pile : ouverture des portes (la rigueur allemande c’est pas une ouverture une heure avant comme à Dublin semble t il)… Je trace pour arriver à l’accès PELOR, il y a déjà un peu de monde à l’entrée du stade (on est à l’opposé de la scène), la sécu nous bloque en marchant devant nous pour que personne ne courre.

Arrivée devant la scène, on peut y aller, je commence à tracer qd un vigile me sort « nicht laufen !!! » bon je me dis je ne vais pas faire le con, je l’écoute, et j’arrive qd même à me dégotter un bout de barrière à la rampe, je suis super bien placé, en face d’un vigile qui a tapé la discute avec moi et deux allemands à ma gauche jusqu’au début de la première partie, ce qui a permis que l’attente soit beaucoup moins pénible. C’est pas avec GDP que ça arriverait ce genre de trucs…. Je filme en version Pano tout le stade qui s’est bien rempli et que j’envoie à JD pour H2. A ma droite, deux Casaques et JD qui me dira plus tard que j’ai filmé Heatseeker accolé juste après à la barrière ^^. Vraiment dommage une fois de plus …. J’aperçois les francophones de la veille qui sont aussi à proximité.

Première partie, que finalement j’apprécie mieux qu’à Dublin. Je prends un gros plan de la culotte de la chanteuse car Jul’ m’avait supplié de lui envoyer. Fin de la première partie, installations sur la scène, et début du générique que vous connaissez tous. Un régal d’être si bien placé sur scène, je ne vais pas refaire le retour de la petite méforme d’Angus et des plantages sur certains morceaux, compensée par son implication et son énergie scénique, ni sur la grande forme et le bonheur affiché de Brian, l’excellente prestation de toute la section rythmique.









Quelques clichés de ce concert, je resterai un moment à contempler tous ces petits papiers estampillés de mon groupe favori sur le sol….

Fire !!! Fin du concert. Comme d’habitude, c’est passé trop vite !!! Comme d’habitude, de la nostalgie mêlée à la joie au dernier coup de canon…Je discute un peu avec certains, évacuation tranquille, pas de cohue (pas GDP)… J’arrive à la sortie du stade, encore dans l’enceinte, j’ai la dalle, je n’ai rien avalé depuis 8h du matin et il doit être 22h30 …. et encore un truc qui change de la France : on n’a que quelques personnes devant soit pour prendre un truc à manger : 5 mn de queue pour être servi au lieu de 30mn voire plus au SDF…. Je regarde les prix et j’opte pour une bratwurst dans un brotchen à un tarif plus que raisonnable au regard de sa taille : 5 balles… (pas GDP !!!!!!).


Direction le S-bahn, un quai non bondé, 5mn d’attente, je monde dans la rame en ayant une place assise (pas GDP for ever, renforçant le sentiment d’avoir fait le bon choix pour cette date à Berlin).
Dienstag (1 Juli)
Retrouvailles pour déjeuner avec une amie du Lycée que je n’ai pas vu depuis 30 ans, et qui habite à Berlin depuis 20 ans, puis départ pour l’aéroport et rentrer à Bordeaux, vol direct cette fois-ci. Arrivée à Bordeaux, descente sur le tarmac il fait 40 degrés à l’ombre, surement 50 sur la piste. On nous fait passer par tout un dédale d’escaliers déglingués, puis aller sur la route et le parking pour rentrer de nouveau dans l’aéroport (le terminal Billy des Low Cost) étant en travaux. Les touristes allemands apprécieront…..Willkommen in Frankreich ! (GDP Powa !!! Ich will nach Berlin zurück gehen !!!!)


Feuer !!!!!!!!!!!
